Le droit et l’économie collaborative

Le mardi 8 novembre 2016 Matthieu Brochier a reçu dans le cadre de ses conférences « les premiers pas de l’avocat » Maître Arthur Millerand, avocat au Barreau de Paris et Madame Clara Brenot, Public Policy Associate chez UBER.

Matthieu Brochier a eu l’idée de créer le cycle de conférences « les premiers pas de l’Avocat », pour apporter aux étudiants d’HEAD une image innovante de l’avocat, leur permettre de bénéficier d’un échange d’expérience, et d’avoir une idée plus précise de « ces gens de loi et de droit ».

 Le thème de l’économie collaborative est d’actualité puisqu’il fait l’objet d’une utilisation quotidienne par chacun d’entre nous.

En voici le compte-rendu, en mots et en images !

Clara Brenot, Public Policy Associate chez UBER, a expliqué aux étudiants en quoi consistait son métier : « Les affaires publiques, c’est les relations entre le régulateur et l’entreprise. J’arrive en amont et en aval de la norme. Le métier d’affaires publiques est une communication permanente entre l’entreprise et l’extérieur. Mon rôle est d’expliquer au régulateur l’impact d’une loi où régulation sur l’entreprise. »

Le métier de Clara est de faire le pont entre les deux mondes, elle n’est ni avocate ni juriste, mais passeur d’informations. Elle apporter du monde réel au régulateur.

Elle instaure une relation de confiance et travaille sur l’image collective de  l’entreprise.

  •  La question que l’on se pose aujourd’hui devant l’inflation législative, le droit est il un frein où un outil de croissance pour l’entreprise ?

Pour Clara Brenot, « le droit protège l’entreprise pour lui permettre de croître et la sécuriser. Cependant, l’entreprise a également besoin de stabilité, il ne faut pas que les lois changent tous les mois. Le problème du numérique, c’est que ça bouge sans cesse, et le problème du droit, c’est que les règles bougent trop. Cette instabilité créée une insécurité qui gêne la visibilité pour la croissance. Pour que le droit reste un outil, il faut que ses règles soient pérennes et stables. »

Arthur Millerand, Avocat chez Clifford Chance, a également créé un blog qui s’appelle « droit du partage » et qui traite de l’économie collaborative.

Il précise que «dans l’économie numérique, le point de rencontre de chacun c’est le législateur. Nos métiers à Clara et moi sont proches. Mon rôle,  c’est de guider, d’interpréter la loi, celui de Clara, c’est de construire. »

Matthieu Brochier explique alors que « le métier d’avocat d’affaires existe depuis la fin des années 80. Aujourd’hui, il y a une nouvelle manière de faire du droit. Avant, le droit était un univers clos. Aujourd’hui, le droit est pratique, quotidien, ouvert.  Il faut que vous appreniez à multiplier les contacts, les expériences. »

Clara précise que le métier des affaires publiques c’est du lobbying au sens large. « Le lobbying intervient quand le projet de loi est au parlement, les affaires publiques, c’est plus en amont, et également après le décret d’application. Lorsqu’après les décrets d’application il y a des consultations des parties prenantes, j’interviens là aussi.  J’ai un message à faire passer, les entreprises ont un besoin d’agilité pour croître. Nous, les affaires publiques, on réfléchit sur comment surmonter les difficultés, nous sommes entre équipe business et équipe juridique. »

Arthur : « Les entreprises ont toutes des problèmes juridiques. Il ne faut pas en avoir peur, mais essayer au mieux de les anticiper. Essayez de penser différemment, rencontrez des gens, échangez. Il faut s’ouvrir.»

Matthieu a incité les étudiants à considérer le métier d’avocat comme un sport complet. « Je pense qu’il ne faut pas être trop spécialisé. Ça vous permet d’embrasser plusieurs activités économiques (financier, pénal, civil) C’est très utile de voir toutes les facettes du droit, soyez ambitieux. Il faut multiplier les contacts, les expériences.

Aujourd’hui, le droit n’est pas particulièrement adapté aux activités économiques, mais le droit ne peut pas tout prévoir. Il a toujours un peu de retard. Le droit est là pour encadrer, et non pas pour créer de nouvelles pratiques. »

Arthur : « Le droit est très impliqué dans le modèle économique. Les conseils que je donne en tant qu’avocat, c’est en prévision du contentieux ; Je donne des recommandations. Le métier d’avocat contentieux, c’est le conflit. »

Les trois intervenants ont tous incité les étudiants d’HEAD à travailler avec des gens sympathiques, vivre leur profession de façon ouverte, innovante pour se décloisonner, différente parfois pour sortir de leur rôle traditionnel et s’ouvrir des portes.

 

ils ont terminé en expliquant que « le droit c’est dynamique, ça se vit. »


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