L’entraide comme outil de développement des compétences

Par Anne-Angélique de Tourtier

Mettre en pratique ces connaissances, ne serait-ce pas la meilleure manière d’apprendre concrètement son métier ? Cela est certes évident pour celui qui exerce depuis quelques années, mais nouveau pour celui qui termine ses études. En droit particulièrement, l’étudiant intègre le marché du travail avec de solides connaissances de doctrine, des heures de dissertations et des livres à n’en plus finir, mais aucun savoir-faire, aucune technique.
Alors, lorsque deux étudiants de formations différentes se rencontrent pour mettre sur pied un projet, lorsqu’un étudiant en dernière année d’école de commerce lance sa start-up et a besoin d’assistance juridique et de conseils financiers, de renfort en marketing et design, de coup de pouce en informatique et de main d’œuvre en web development, spontanément, ces deux jeunes en passe de devenir des acteurs du marché dans un monde économique qui va très vite, vont parler le même langage, se comprendre, anticiper, réagir et se prêter main forte pour avancer l’un l’autre.

Ce fut le cas pour une jeune étudiante en dernière année de Philosophie montant une équipe de conférenciers professionnels. Son premier réflexe pour les mentions légales du site internet ne fut pas d’appeler un avocat, mais bien de demander assistance à une amie en dernière année de droit. Même chose pour une jeune start-up qui demande à une connaissance de lui faire son logo, moyennant un prix qui ne sera pas celui du marché, mais bien un prix d’ami. Ou encore, une jeune diplômée de web development qui prête main forte à un ami qui veut créer son site internet.

La motivation n’est plus l’argent, mais bien le service, l’entraide et le développement de l’innovation. Mettre en commun ses compétences pour plus grand que soi, échanger, avancer ensemble, aider à développer en se développant. L’assistance du jeune entrepreneur par le jeune diplômé déracine l’esprit individualiste qui régit le marché, car s’ils s’entraident, ils avanceront ensemble, ils apprendront ensemble leur métier respectif.

Cet esprit, c’est précisément le centre de gravité de la Clinique du droit. Le concept naît aux États-Unis et connaît un immense succès dans les années 60. L’enjeu étant alors de connecter les étudiants américains au réel, au concret, à la vie de la société depuis leurs universités. Cette nouvelle conception d’enseignement du droit où les étudiants se mettent au service de la société, apparaît en France depuis quelques années, rassemblant sous l’autorité d’un avocat, des étudiants qui assistent juridiquement les jeunes entrepreneurs. Les écoles de droit comme HEAD ou encore l’EFB ont ouvert la leur.


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